Mi(s)ScellaneaCorine

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Frimousse, jamais je ne couperai notre ligne

Frimousse photo lui et moi.jpg

Frimousse 30 mai 2006 - 02 mai 2020

 

 

 

Je vais peut-être m'exprimer à l'envers, je ne peux plus penser à l'endroit.

 

 

 

Je ne veux rien oublier de la façon dont tu étais là

et c'est le danger, que les souvenirs n'empêchent parfois pas. J'ai peur, Frimousse. Combien je t'adorais cela et pour toujours, je ne peux pas l'oublier. 

Tu as tellement survécu à tant d'horreurs que c'est juste impossible.

 

 

Je t'ai décrit, mais peu, car jamais aussi bien que je le voulais et je le savais avant de l'entreprendre. 

 

Comment décrire un être qui n'arrête pas de vous émerveiller ? (et je ne parle pas de sa beauté).

 

 

 

Les photos ne te rendent jamais assez justice non plus. L'expression n'est que rarement celle que je connais le mieux. Aucune ne sait faire passer la façon dont tu frémis, réagis, aimes, vis.

 

Les quelques vidéos de toi sont prises lors de moments de jeu, donc amusantes à regarder, mais ce n'est pas ton fameux regard.

Nous avons vieilli ensemble, Frimousse et toi seul, tu m'as comprise et fait confiance, sans langage commun. Tes yeux qui voyaient dans les miens.

 

Mon ange. J'aurais voulu tenir ta patte quand ton si beau coeur s'est arrêté.

 

J'ai voulu te sauver, mais il était déjà trop tard. Tu étais si mal et peut-être, suprême douleur, y suis-je pour quelque chose. "Vidanger" la vessie d'un chat n'est pas facile. Je semblais savoir, après quelques jours de ta sortie d'hospitalisation, comment mieux faire. 

Et puis tout s'en est mêlé. Et puis ce fichu jour férié du 1er mai, tu parles d'une santé.

 

Toi, aux formes harmonieuses, tu es devenu cachectique. En passant les mains sur tes lignes, on sent les os, légèrement sur ton crâne aussi. Tes muscles ont fondu. Ton corps semble avoir pris 10 ans en 3 semaines. Samedi 02 mai, une intervention est programmée, me donnant de l'espoir pour ton poids.

Mais depuis 24 heures, c'est autre chose. J'espère qu'il s'agit du coryza le moins terrible (la vaccination ne freine pas tout), tu as semblé soulagé et un peu mangé avec les inhalations de Pérubore.

Nous arrivons à 18 h 10 ce 1er mai. Malgré le confinement, les cas sont nombreux, les vétérinaires rabattant beaucoup sur cette Clinique de bonne réputation régionale. Nous passons vers 20 h-20h30. Je t'ai parlé, caressé. Tu as dormi, t'es redressé.

Nous entrons dans la salle 2 de consultation. La jeune vétérinaire t'examine gentiment. 

Etat de choc, température indétectable (en-dessous de 32°), bradycardie.

- « je vais être franche (dit-elle après examen), il y a très peu de chances qu'il s'en sorte. Qu'attendez-vous de moi ? »

 

Mais tu avais tout du mort un matin de septembre 2018 et ils t'avaient sauvé.

- Vous pouvez agir et moi je ne peux rien » (de mieux), ai-je répondu.

 

J'ai espéré prendre le courage de te sortir de cet état, empêcher le déclin fatal. Ton énergie encore Frimousse qui est là, l'amour que tu reçois et la science. On va s'en sortir, même si je suis la seule à le croire, et toi peut-être de tant croire en moi. Cinq heures après l'admission, tu mourais seul, d'autres urgences ayant eu la priorité sur la veille de ton état. A 2 heures, j'ai su bien après, lors de l'entretien à ton sujet que tu étais en défaillance.

Tu étais branché.

 

 

Alors que tu luttais et mourais, à la maison, les yeux rivés sur l'heure, je ne dormais pas. 

 - Je vous appelle pendant la nuit si ... ? » m'avait demandé la vétérinaire

- .Oui Déçu

- Si pas de nouvelle, c'est que ça va, je rappelle les gens en fin de matinée »

.

 

 

Vers 4 h mon coeur commençait à s'alléger, le téléphone toujours à côté.

Vers 05 h 30, j'ai pensé que tu étais sorti d'affaire, que je pouvais dormir. Etant donné tous ces soucis critiques, il y en aurait encore, mais tu devais être hors de danger. J'ai, je crois me souvenir, chanté un peu.

 

05 H 48, le coup de téléphone de l'impensable sonne. Après cette peur ? Après toutes ces heures ? 

Je venais de mettre, ouvert, le mobile en recharge un étage plus haut. J'ai raté l'appel, ai appelé le standard à bout de souffle et ce n'était pas dû à l'escalier. Je ne veux pas écouter le message, sachant sans vouloir comprendre, espérant une raison inespérable : qu'elle m'a appelée pour me demander l'autorisation d'un examen délicat. Mon coeur a tout l'air de vouloir quitter la cage inutile de mon thorax.

Le standard demande une très longue attente. Fébrile au maximum, je finis par raccrocher.

Le petit clapet de contact de mon tél claque. Merde. Mais il marche encore.

888   

- Madame Cap, c'est la vétérinaire R.... Je vous appelle pour une mauvaise nouvelle » est-il enregistré dans le répondeur.

(elle m'expliquera après que le trouvant décédé vers 3 h, elle préférait parler plus longtemps avec moi ensuite, ce que je pris donc à tort pour une autre survie de Frimousse).

Les appels du terminus, je connais aussi cela avec les humains.

Je sais que ça peut faire sursauter, mais cette fois, c'était toi, une part de moi des plus essentielles.

Je n'ai pas su m'arrêter de me battre. Je ne croyais que peu en cet échec, c'était risqué, mais parier sur une victoire vaut le coup de se lancer. Elle était jeune, pas assez positive, elle ne savait pas de quoi tu étais capable, ni toutes tes vies qui avaient fréquenté la mort, voilà ce que je pensais. Si c'était pour mourir, j'aurais pu, en pleurant autant, te laisser passer de l'autre côté en restant tout contre toi, contre ton front, nos regards plongés alors que les tiens quittaient peu à peu ce monde. Je t'aurais serré si fort, comme la veille. Tes pattes se seraient étirées vers cette forme d'issue et j'aurais su que tu partais.

Mes pleurs en raccrochant sur ce message devaient être ce qui se rapproche d'une plainte animale que malgré l'heure matinale, je n'ai pu partager seule. Mon protégé que je n'ai su défendre. J'avais tort, tort, tort.

De nombreux humains ne comprendraient pas.

 

Je suis venue, tu es dans un joli cercueil en carton avec les oiseaux blancs. Je l'ouvre, ton corps est chaud. Il me semble que tu vas te lever. J'ai eu l'impression d'un mouvement. Le sommeil qui me manque, sans doute. J'ai même contre toute attente essayé, tant que nous étions seuls, un massage cardiaque que je ne sais pas faire, mais que peut-il arriver de pire ?

 

 

La veille, j'avais cru que tu ne passerais pas la nuit, je t'ai tenu longtemps dans mes bras, mon nez contre ton museau tout froid. Je ne voulais pas que tu meures entre des murs lisses, loin de nous. La nuit passée, alors que réveillé, tu grattais au large matin faiblement la porte pour sortir dans le couloir, que tu aies survécu semblait donner une chance de tout tenter encore. Car que tu aies survécu était sur-félin (chez nous, on dit surhumain).

 

 

Frimousse, mon ange de douceur qui m'y ramenait, mon hypotenseur, mon gardien-phare et mon soleil. En 2018, je notais ce que tu m'apprenais, toi, eh oui, toi : le talent de vivre.

Je ne suis pas aussi méritante.

 

 

Dors au paradis des chats, enfin tranquille. Je te pleurerai toujours.

 

 

Notes Frimousse.jpg Il y a "longtemps" que je t'aime, jamais je ne t'oublierai.      .Notes Frimousse-2.jpg

 

  

                                                  Corine

 

 

 



03/05/2020
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