Mi(s)ScellaneaCorine

Mi(s)ScellaneaCorine

Un pied-à-terre

 

 

 

 

 

 

 

 Il n'est pas rare que j'écrive dans la peau d'un homme, même s'il ne me ressemble que peu :

 

 

 

 

 

Je crois que c'est courant de ressentir cela, mais l'identité ne se trouve pas dans le regard de l'autre. Si l'on est perdu, ça n'est pas là qu'on se rencontrera et au pire, on peut même faire erreur sur ce dont on a besoin.

 

 

Je n'ai rien à prouver et n'ai jamais cherché à le faire. Je n'ai pas été quelqu'un dont on enviait la situation professionnelle, mais cela m'a fort bien convenu. Les femmes qui ont traversé ma vie m'ont quitté sans trop de chagrin, je crois. Cependant, je les ai toutes aimées comme si chacune étaient la première. Je n'ai jamais perdu foi en l'attente et l'arrivée d'une dernière première. Il peut être délicieux d’espérer, sans objectivement pouvoir présumer du dénouement de cette patience.

 

 

J'ai voyagé, mais j'ai été aussi satisfait de revenir que de partir.

 

 

Je ne dispose pas d'une grosse retraite, j'ai souffert de pathologies banales dont je n'oserais me plaindre.

 

 

J'ai vécu discrètement, évoquant mes bonheurs longs ou courts, cachant mes afflictions. Je n'éprouve pas de honte, c'est juste une habitude du secret.

 

 

Ca ne fait pas flores, tout cela et pourtant, j'aime la vie. C'est mon pied-à-terre le plus fiable que j'aie expérimenté et je tiens à être le plus longtemps possible son locataire. La vie est une richesse qui s'épuise vite, mais cela reste quand même une valeur sûre !

 

 

Ne serais-je pas encore né, je lui adresserais une petite lettre de motivation en pensant si fort qu'elle ne pourrait que m'entendre :

 

« Chère Madame, Fort de mon inexpérience, je saurai me mettre à votre service et me montrer loyal. Ame sans compétence, idéaliste sans réalisation, je me tiens à votre disposition, pour rouler sur des routes unies, ou des virages en épingle à cheveux que je me ferai fort de découvrir, si j'ouvre un jour les yeux, ravi et surpris de votre aimable assentiment. Nous aurons alors notre premier entretien et moi, ma première claque dans un premier cri bleuté. Je commencerai ma première année de formation avec volupté, En souhaitant vous convaincre de me laisser m'essayer à Vous, je vous prie de croire, Madame, à l'expression de ma détermination la plus sincère et (oserais-je ?) ma reconnaissance anticipée. PS : néanmoins, ne vous froissez pas si je prends un peigne et que des épingles sautent pour quelques-unes. ».

 

 

 

 

Je suis à peu près certain que cela ne saute pas aux yeux quand on me rencontre, mais j'aime aussi rire. Il paraît que le rire est sacré, on me l'a dit il y a quelques années, je ne l'ai jamais oublié. Je crois même que le rire est au service dévoué de l'acte de vivre.

 

 

Dans le fond, je n'ai jamais philosophé, à quoi cela m'aurait-il mené ? Imparfait, je le suis, mais j'ai toujours conçu le fait de vivre comme un droit pour chacun sans devoir nous en justifier, que nous soyons sous un toit, dans des tentes, ou sous un pont.

 

 

Nous grandissons dans des terres qui changent sous nos pas, en presque étrangers.

 

 

Il y a toujours l'avenir qui saura se passer de nous. Il y aura toujours, dans le fait d'être, l'utilité immédiate, l'inutilité apparente, le mot de la fin. Il y a toujours l'excès et le manque.

 

 

Il y a la résine dont on débarrasse les mouches, ou l'ambre aux insectes de luxe.

 

 

Il y a ceux qui se souviendront de nous, nous ne savons pas pour tous de quelle façon.

 

 

Les animaux ne l'évaluent pas, cette valeur sûre pleine de risques, ils la prennent et s'élancent, sans regarder plus loin. Un jour probablement, je fermerai ma porte pour me coucher à l'abri des regards, comme ces bêtes que nous oublions que nous sommes. Je ne me connais pas d'ennemi, pas de prédateur, mais je me concentrerai sur mes dernières minutes. Défilera-t-il, ce fameux film à rebours, dont on parle parfois, devant mes yeux ? Celui du petit lait, ou des temps difficiles que je n'ai pas écrits, des visages et des mains perdues, dont je n'ai rien oublié ? Reverrai-je ces terres apprivoisées ?

 

 

Je ne sais pas.

 

 

La vie. Je n'ai pas besoin de réponse, je ne lui ai jamais posé de question. Notre entente prendra fin sur le point qu'elle posera sur le contrat, sans discorde, sans aigreur.

 

 

Ma dernière première, peut-être, je n'ai jamais perdu la foi.

 

 

 

 

 

                                                                 Corine

 

 

 

 


 


26/05/2020
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Encore une nuit à rêver au sommeil

 

Je ne vais pas tricher : ce n'est pas un nouveau texte. Je ne suis pas poétesse, mais j'avais néanmoins fait en 2013 ce poème - parmi d'autres - sur les insomnies (dont je ne souffre pas vraiment, d'ailleurs. Si j'ai un problème pour attraper le sommeil, une fois pris, je le lâche le moins vite possible dans la mesure où c'est possible dans l'organisation !).

C'est souvent le cas quand on se relit des années plus tard : il y a des passages que l'on écrirait différemment, mais je le laisse tel qu'il était. 

Le petit personnage à la fin, je regrette de ne pas l'avoir nommé : Frimousse, si doux et fusionnel.

 

 

 

Encore une nuit ... à rêver au sommeil

Encore une nuit avérée sans merci

Où le poids du passé s’étire à l’infini,

Profilé, l'oxymore de son âpre répit 



Comme s'il fallait payer la facture de nos fautes

Comme si le temps pressait de voir les blessures

Comme si la liste d'un mot allongeait son allure



Tant et plus chaque jour, reposant la question...

Refuseur(*) de quiétude, éconduiseur (*) de reddition

Brandissant la menace de ces heures décuplées

En mornes face à face qu'elles aiment éterniser.

 

Le ciel étouffe son jour et sa longueur oblongue

Il noircit, couche et ferme son étoile désolée

Accorte, mais impuissante, force est de s'incliner.




Crépuscule aux prémices, déconcertant visage, préparant son mensonge.

Privant de ses pouvoirs le généreux génie d'une sphère onirique

Là où s'ouvrent les rêves de vallons envolés, de fuites analgésiques.



L'astre est levé, si beau que l'on ne peut lui reprocher

Sa candeur incrédule qu'une trêve soit dévorée

Lui garder dure rancune malgré l'acharnement.

Coutumière, l'heure opère son démembrement...



Et les heures blanchies, se plantent, tournent et s'allongent.

Et le poids du futur rejoint celui du présent, répondant au passé

Terrassant fardeau de ces cumuls de temps en ce soir conjugués.

Où, bien que les fuyant, plissant fort les yeux, les images s'invitent, pleureuses sans prières

Empruntant ce chemin qu'elles connaissent par cœur, de derrière nos paupières

Pour peupler ces instants où l’on n'a que faire de ces fichues leçons

Ce n’est pas le moment : on ne peut ni lutter et encore moins vaincre.

 

Quel est le dessein de ces films floutés, cette mémoire enfermée, oubliant le pardon

Déplorable victime de son infirmité à se laisser convaincre.



Cette plage de torpeur conçue comme évidence tord sa peine ouvrière,

Vouée au diapason du chant du repos, elle nous damne en ses tiers

Trompant sa nature, elle cesse le métier de nous réinventer,

Et n'a su qu'acquiescer à la creuse dystopie de la blanche insomnie,

Tuer pour cette nuit les châteaux rebâtis, les espoirs nourris

Muets, nos garde-fous radiant la foison de tensions pulsatiles

 

Ce sera pour demain, seules parlent et dominent ces livides aiguilles

Qui ne savent que faire, qui ne savent que dire et nous ré-asséner

Que nous compterons ce soir encore au nombre des damnés

Refusés d'inscription sur le parchemin du droit à l’inconscience.



La magie infuse de ces obscurités qui, si loin, envoûtent

Aux quémandeurs, inquiets d’être exclus des lois universelles

Ne daigne en ses précaires réponses ne laisser que déroute.



Il faudra ce matin gommer les stigmates de ces luttes fermées, en blâmes codicilles

De familiers fantômes que nous avons laissé entrer dans notre intimité 

Inouïs ineffables venus s'asseoir dans l'excès immobile de cette éternité

Leur faisant don d'heures à les raisonner, qu’ils consentent à comprendre

Que leur cœur prenne foi, qu'ils cessent de grincer

Que les ponts sont démolis, qu’on veut les mutiler  

Nous tenant pour infidèles aux préceptes donnés.



Leurs paroles d'ambre, ils ignorent qu'on a liées,

Placées dans ce coffret, puis vécu à les apprendre

Conscients que leur passage n'était pas simplement

Celui de leur temps, que bien plus qu'un testament

Il instille une large part dont le futur dépend.

 

Il va falloir monter, polir le masque, cacher l'effet retard

de ce poison d'un arrêt sans arrêt qui nous laisse épars

Tenir tête droite, jouer aux invincibles, taire ce qui nous mine

Boire l'antidote de ce jour dauphin, qui rassure et domine.




Je te regarde là, si différent de moi

Toi mon infaillible ami, toi, mon véritable complice

Qui clos tes prunelles bleutées, sur ton monde méconnaissant l'opprobre

Sans qu’un larsen ne vienne brouiller l'harmonie de ta musique propre

Qui n’a pas à lutter contre un quelconque remords, contre de vains retours

Et, il est vrai, stériles, mais qu'on ne peut prévoir, qui nous prennent à rebours

Entre 2 équinoxes, entre cent paradoxes

Toi qui vis sans calcul, apaisant sans l'éteindre la lumière intérieure

Donne accueil à ta nuit, sachant t'y livrer, jouer dans ses lueurs.   

Ton somme, si légitime, je ne peux te l’envier.

Mon si tendre félin, dans les bras de Morphée.

Tu l’as bien mérité, tu es fait d'innocence

Tu m’as dit le chemin j’en ai perdu la route

Le sommeil m’a refusé la fleur de l'oubli

Ou je n'ai su, septique, appuyer mon écoute.

 

J'attends mon tour de manège noctambule

J'attraperai promptement ce fil ténu,

Ce fameux fil de tulle, ce presque inattendu  

Celui qui hissera enfin les voiles du départ

Bras ouverts, tendus, derrière ces bagarres

Vers la prochaine étape, vers ce noir soleil

De ma prochaine éclipse, mon Éclipse Sommeil.

 

                    

                                         Corine



                                               



(*) Néologismes affirmés !



 


13/05/2020
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INTERCALAIRE

 

(intentionnel)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


12/05/2020
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Frimousse, jamais je ne couperai notre ligne

Frimousse photo lui et moi.jpg

Frimousse 30 mai 2006 - 02 mai 2020

 

 

 

Je vais peut-être m'exprimer à l'envers, je ne peux plus penser à l'endroit.

 

 

 

Je ne veux rien oublier de la façon dont tu étais là

et c'est le danger, que les souvenirs n'empêchent parfois pas. J'ai peur, Frimousse. Combien je t'adorais cela et pour toujours, je ne peux pas l'oublier. 

Tu as tellement survécu à tant d'horreurs que c'est juste impossible.

 

 

Je t'ai décrit, mais peu, car jamais aussi bien que je le voulais et je le savais avant de l'entreprendre. 

 

Comment décrire un être qui n'arrête pas de vous émerveiller ? (et je ne parle pas de sa beauté).

 

 

 

Les photos ne te rendent jamais assez justice non plus. L'expression n'est que rarement celle que je connais le mieux. Aucune ne sait faire passer la façon dont tu frémis, réagis, aimes, vis.

 

Les quelques vidéos de toi sont prisent dans des moments de jeu, donc amusantes à regarder, mais ce n'est pas ton fameux regard.

Nous avons vieilli ensemble, Frimousse et toi seul, tu m'as comprise et fait confiance, sans langage commun. Tes yeux qui voyaient dans les miens.

 

Mon ange. J'aurais voulu tenir ta patte quand ton si beau coeur s'est arrêté.

 

J'ai voulu te sauver, mais il était déjà trop tard. Tu étais si mal et peut-être, suprême douleur, y suis-je pour quelque chose. "Vidanger" la vessie d'un chat n'est pas facile. Je semblais savoir, après quelques jours de ta sortie d'hospitalisation, comment mieux faire. 

Et puis tout s'en est mêlé. Et puis ce fichu jour férié du 1er mai, tu parles d'une santé.

 

Toi, aux formes harmonieuses, tu es devenu cachectique. En passant les mains sur tes lignes, on sent les os, légèrement sur ton crâne aussi. Tes muscles ont fondu. Ton corps semble avoir pris 10 ans en 3 semaines. Samedi 02 mai, une intervention est programmée, me donnant de l'espoir pour ton poids.

Mais depuis 24 heures, c'est autre chose. J'espère qu'il s'agit du coryza le moins terrible (la vaccination ne freine pas tout), tu as semblé soulagé et un peu mangé avec les inhalations de Pérubore.

Nous arrivons à 18 h 10 ce 1er mai. Malgré le confinement, les cas sont nombreux, les vétérinaires rabattant beaucoup sur cette Clinique de bonne réputation régionale. Nous passons vers 20 h-20h30. Je t'ai parlé, caressé. Tu as dormi, t'es redressé.

Nous entrons dans la salle 2 de consultation. La jeune vétérinaire t'examine gentiment. 

Etat de choc, température indétectable (en-dessous de 32°), bradycardie.

- « je vais être franche (dit-elle après examen), il y a très peu de chances qu'il s'en sorte. Qu'attendez-vous de moi ? »

 

Mais tu avais tout du mort un matin de septembre 2018 et ils t'avaient sauvé.

- Vous pouvez agir et moi je ne peux rien » (de mieux), ai-je répondu.

 

J'ai espéré prendre le courage de te sortir de cet état, empêcher le déclin fatal. Ton énergie encore Frimousse qui est là, l'amour que tu reçois et la science. On va s'en sortir, même si je suis la seule à le croire, et toi peut-être de tant croire en moi. Cinq heures après l'admission, tu mourais seul, d'autres urgences ayant eu la priorité sur la veille de ton état. A 2 heures, j'ai su bien après, lors de l'entretien à ton sujet que tu étais en défaillance.

Tu étais branché.

 

 

Alors que tu luttais et mourais, à la maison, les yeux rivés sur l'heure, je ne dormais pas. 

 - Je vous appelle pendant la nuit si ... ? » m'avait demandé la vétérinaire

- .Oui Déçu

- Si pas de nouvelle, c'est que ça va, je rappelle les gens en fin de matinée »

.

 

 

Vers 4 h mon coeur commençait à s'alléger, le téléphone toujours à côté.

Vers 05 h 30, j'ai pensé que tu étais sorti d'affaire, que je pouvais dormir. Etant donné tous ces soucis critiques, il y en aurait encore, mais tu devais être hors de danger. J'ai, je crois me souvenir, chanté un peu.

 

05 H 48, le coup de téléphone de l'impensable sonne. Après cette peur ? Après toutes ces heures ? 

Je venais de mettre, ouvert, le mobile en recharge un étage plus haut. J'ai raté l'appel, ai appelé le standard à bout de souffle et ce n'était pas dû à l'escalier. Je ne veux pas écouter le message, sachant sans vouloir comprendre, espérant une raison inespérable : qu'elle m'a appelée pour me demander l'autorisation d'un examen délicat. Mon coeur a tout l'air de vouloir quitter la cage inutile de mon thorax.

Le standard demande une très longue attente. Fébrile au maximum, je finis par raccrocher.

Le petit clapet de contact de mon tél claque. Merde. Mais il marche encore.

888   

- Madame Cap, c'est la vétérinaire R.... Je vous appelle pour une mauvaise nouvelle » est-il enregistré dans le répondeur.

(elle m'expliquera après que le trouvant décédé vers 3 h, elle préférait parler plus longtemps avec moi ensuite, ce que je pris donc à tort pour une autre survie de Frimousse).

Les appels du terminus, je connais aussi cela avec les humains.

Je sais que ça peut faire sursauter, mais cette fois, c'était toi, une part de moi des plus essentielles.

Je n'ai pas su m'arrêter de me battre. Je ne croyais que peu en cet échec, c'était risqué, mais parier sur une victoire vaut le coup de se lancer. Elle était jeune, pas assez positive, elle ne savait pas de quoi tu étais capable, ni toutes tes vies qui avaient fréquenté la mort, voilà ce que je pensais. Si c'était pour mourir, j'aurais pu, en pleurant autant, te laisser passer de l'autre côté en restant tout contre toi, contre ton front, nos regards plongés alors que les tiens quittaient peu à peu ce monde. Je t'aurais serré si fort, comme la veille. Tes pattes se seraient étirées vers cette forme d'issue et j'aurais su que tu partais.

Mes pleurs en raccrochant sur ce message devaient être ce qui se rapproche d'une plainte animale que malgré l'heure matinale, je n'ai pu partager seule. Mon protégé que je n'ai su défendre. J'avais tort, tort, tort.

De nombreux humains ne comprendraient pas.

 

Je suis venue, tu es dans un joli cercueil en carton avec les oiseaux blancs. Je l'ouvre, ton corps est chaud. Il me semble que tu vas te lever. J'ai eu l'impression d'un mouvement. Le sommeil qui me manque, sans doute. J'ai même contre toute attente essayé, tant que nous étions seuls, un massage cardiaque que je ne sais pas faire, mais que peut-il arriver de pire ?

 

 

La veille, j'avais cru que tu ne passerais pas la nuit, je t'ai tenu longtemps dans mes bras, mon nez contre ton museau tout froid. Je ne voulais pas que tu meures entre des murs lisses, loin de nous. La nuit passée, alors que réveillé, tu grattais au large matin faiblement la porte pour sortir dans le couloir, que tu aies survécu semblait donner une chance de tout tenter encore. Car que tu aies survécu était sur-félin (chez nous, on dit surhumain).

 

 

Frimousse, mon ange de douceur qui m'y ramenait, mon hypotenseur, mon gardien-phare et mon soleil. En 2018, je notais ce que tu m'apprenais, toi, eh oui, toi : le talent de vivre.

Je ne suis pas aussi méritante.

 

 

Dors au paradis des chats, enfin tranquille. Je te pleurerai toujours.

 

 

Notes Frimousse.jpg Il y a "longtemps" que je t'aime, jamais je ne t'oublierai.      .Notes Frimousse-2.jpg

 

  

                                                  Corine

 

 

 


03/05/2020
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INTERCALAIRE

ajouté

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


28/04/2020
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Il ne nous habituera pas

On croyait qu'il nous avait habitués. Que nenni.

Nous ne sommes vraiment pas immunisés contre tout.

Qui s'habituera jamais à Trump ?

Chacun son système D : plus de papier A4, qu'à cela ne tienne, j'ai dessiné sur carton P.Q (vrai. Le plat, sinon c'est sûr, ça vous passe un temps de confinement, sur un cylindrique, mais c'est plus ardu et j'aimerais sortir un jour !). Tout un symbole à l'heure actuelle ! Ca accroche le crayon-mine, le carton du papier hygiénique, ça efface un peu, la netteté en souffre, mais on reconnait bien un des personnages du merveilleux Gotlib.  

Dessiné/plagié, scanné, bullé, enregistré, facebooké, puis nous voilà. 

 

 

Mon Gotlib revu le 28.04.20 (forme).jpg

 

 

Belle journée et faites attention à vous.

 

                                                        Corine

 

 


27/04/2020
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Un peu de cathé en 2 petits points

 
 

 

(... ) « et Marie-Madeleine arriva au tombeau au matin. C'était encore les ténèbres.»

 

 

Que cela nous enseigne-t-il donc, parbleu ?

 

À nous poser la question suivante :

pourquoi sortir pour couvrir un corps d'aromates alors que le matin est encore noir au risque de se casser la figure le nard collé au visage, à la coriandre et au romarin ?

Ca, ça fiche tout un prestige en l'air.

 

Le motif de s'aventurer dans l'obscurité aurait-il été celui de la crainte ? En tant que péripatéticienne patentée repentie, Marie-Madeleine en avait vu d'autres pour avoir peur de l'ennemi. Des gentils, des brutes, des soumis, des pervers, des voleurs,.... Thomas, pensif, lui avait lancé au dernier repas un avis sans appel (opinion qui se répandra et se fera célèbre) : « je crains le pire, ils sont fous, ces Romains »

 

N'oublions pas qu'elle se tenait devant Lui lors de la Passion. Donc la peur, hein, prise entre Amour, admiration, respect, foi et agonie. Pensez...

 

En guise de conclusion rapide et définitive, nous disposons des éléments suivants : quelles que symboliquement les dates soient déplacées à notre convenance (Pâques bien que changeant de jour, chaque année se situe au printemps) une déduction domine, triomphante de bon sens : Marie-Madeleine n'était pas avertie des règles du changement d'heure (une absence d'information due à de vieilles querelles et jalousies, sans doute).

 

Ne pinaillant pas sur les factures d'électricité, rassemblant la menthe et les épices qu'elle avait préparés la veille, elle sortit dans l'obscurité (donc) vers un sombre tombeau bouché par une pierre. 6h, c'était 6h.

 

 

Tenant son panier bien en main, cependant surprise par ces ténèbres de l'extérieur plus fortes et denses qu'elle ne l'envisageait, alors qu'elle pensait se casser le nez à l'obstacle qui fermait le sépulcre, la pierre était levée. Elle sentit ce sable et ces gravillons sous ses sandales. Point de bug, son GPS en langue araméenne ne la trompait pas, elle n'avait donc pas commis d'erreur dans sa progression. A tâtons, elle s'avança. Ses parfums s'élevaient dans la tombe dont elle touchait les murs.

 

Le mystère s'épaissit alors que l'aube se levait. La joie grandit sur cette incompréhensible absence et ces linges posés. C’était bien là, elle les reconnaissait. Des paroles lui revinrent à l’esprit. Elle s'élança au dehors, afin de porter la Nouvelle.

 

C'est ainsi que tout commença, par les routes ombreuses d'une insoumise (un peu de “folklore” un chouia déficitaire, ce à quoi nous avons remédié ici).

 

Euh... bien. C'est tout. J'espère que vous avez pris des notes.

 

                                                       Corine

 

 

 

 

 

 


12/04/2020
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Humour confiné à très petites doses

(Texte non relu du tout)

 

Des devanture fermées, des masques, du bruit encore quand même, des rues dans le Sud passées à la Javel.

La nature des jardins, les oiseaux. Je ne cesserai jamais d'aimer les oiseaux qui nous aident aussi à respirer en chantant.

 

L'alcool est revenu  ! Qu'on se le dise ! On est d'accord : celui qui désinfecte. Je n'aurais jamais pensé faire la fête un jour avec une bouteille d'alcool à 70° ou 90°. On doit avoir l'air barge de sourire à une bouteille comme ça. J'ai l'air barge.

J'étais une obsessionnelle du lavage ds mains, je suis devenue une cinglée de la contamination.

 

04/04/20

pas de courses depuis 10 jours : un record. Est-ce mieux à ce point ? Vais-je pouvoir tout prendre et faire l'aller et retour en 1 heure ?

 

Ne pas se toucher les yeux le nez, la bouche Incertain Eviter les geste automatiques... En revanche, si je savais qu'il est difficile de réprimer une toux, j'ignorais que nous postillonnions autant ! On a appris ça par les médias. Crier est également dangereux. Tousser dans le coude, c'était connu (moi, j'avais 0 : je toussais dans mes mains avant. Evidemment, les mains vont partout. On s'y fait, au coude, c'est moins spontané, mais on s'y fait, le nez dans la veine sous la peau).

Incertain

Au fait si on rit par le nez, ça compte ? Mer.... zut, flûte. Que d'attitudes à revoir !

 

 

C'est une terre de science-fiction où par moments on ne réagit plus. On peut s'étonner de ne pas exploser.

Etre dehors en un temps restreint m'épanouit malgré tout. On s'en éclaire.

 

1 m – 1 m 5 dans les allées, c'est ardu. Il y a ceux qui reculent en réfléchissant ! D'autres qui s'écartent et vous sourient, que vous remerciez en souriant.

On s'écartent de trouille, mais un sourire, c'est toujours mieux !

 

2 listes agrafées. Bien bien, "bien". On y va.

Il y a 10 jours, les œufs disponibles n'étaient pas ceux que l'on prend d'habitude, élevés à l'air libre, la crête haute. On a beau craindre le coro-chose, on n'en garde pas moins ses principes.

Quand même sur toute cette quantité d'oeufs.... Bizarre.

Quoiqu'il est vrai que l'on fait des jeux pour enfants avec les oeufs. oeufs jeux d'enfants .jpg
C'est mignon, créatif et si ça empêche de se bouffer le nez dans quelques m², j'approuve. Ils reviendront, nos oeufs. On va pas en mourir.

Je n'ai pas été vérifier s'il restait des lentilles ! Ca aurait pu corroborer mon hypothèse  : une coquille d'oeuf, des lentilles du coton ou ... du papier toilettes. Au fait, c'était ça la cause de pénurie de PQ ?!

Je plaisante, mais franchement, quand on m'a dit que l'on ne sortait plus, je n'ai pas tout de suite flippé pour le papier hygiénique ! On a dit "risque" de dia.. de contrariété intestinale. En saison de gastros massives, on n'a, à ma connaissance, jamais vu les magasins dévalisés en PQ et c'est rare que l'on ait à sortir exprès. Enfin, je ne moque pas, moi aussi j'ai quelques craintes et  risibles.

On peint les oeufs aussi pour s'occuper, Pâques n'est pas loin et c'est joli.

 

Consternation après un stade mental bienveillant ce 04/04, 10 jours plus tard : sur 12 étals d'oeufs, 1 seule boîte bleue qui du coup laisse méfiant. Si elle est là, c'est qu'elle a quelque chose à se reprocher. Vérification : très légère, une fois ouverte, la raison en est claire : elle ne compte que 3 œufs !

Comment voler 3 oeufs sans avoir le jaune qui coule à travers un tissu et vous trahit ?! Le plastique n'évite pas les chocs et l'oeuf y glisse à loisir. Une rébellion orgueilleuse ? Ca veut tant le coup que ça ?

Bien, je barre les oeufs des listes....

Une chose est sûre : la proportion de végans a été surestimée.

 

 

Jus de fruits ok. Chips c'est bon, céréales aussi.

 

 

Pain de mie : un autre grand absent : ben ça alors ! Dans ce grand supermarché, pas un seul emballage de pain de mie grand, moyen ? (on réduit ses ambitions) petit ? Il y a un nouveau manuel ? Les gens feraient-ils des recettes du Marmiton pendant le confinement  ? Je ne comprends pas, j'entends tous les jours : « de ne pas bouger, on va grossir ». Ben, ça n'est pas le pain de mie qui va arranger les choses.

La peur. C'est ça. La peur plus rien d'autre ne parle. La peur de rester cantonné le ventre vide : du pain de mie, de l'eau ou du lait (mieux) s'il en reste et on s'arrose l'estomac.

+ Un peu de confiture. Des protéines et si on ne vomit pas, on profite. Profiter : ne sait-on déjà plus dans quel sens vivre ce mot ?

 

Un peu plus loin, les viennoiseries. Il en reste et avec elles ce qui se situe entre le pain de mie et le pain sucré. Bon... à défaut a la maison aussi, tiens, je préparerai ça : un peu d'eau ou de lait et un peu de confiture. :-) Un peu de Vogal.... (zip censure pas de pub, si c'est le nom qu'on peu donner à une indication)

Soyons solidaires. Et évitons de nous étouffer avec les lourdes miettes.

 

 

De la vitamine C, on y revient, les oranges pouah il y en a une toute pourrie de dos dans le filet

Mais je l'ai touchéeEmbarrasséPied de nez, je la repose, non ! (voix de la conscience) ça n'est pas philanthrope, je la reprends. Des fois que je serais porteuse sans le savoir. Assumons

 


requin.jpgLe cuivreSurprisDéçu sur lequel se fixe le coronavirus tête de mort.jpg

et les boites de conserve ? Nouvelle suspicion : de quoi sont-elles faites ? D'aluminium, de fer, de laiton ? D'acier ? De mélanges ? De cuivre ? Bouche cousueBouche cousueBouche cousueBouche cousueBouche cousue (alerte rouge). Elle a une tête de coupable, celle-ci. Non, non, non, un peu de raison. Elle et de COULEUR cuivrée, allons, allons.

Mais, mais, mais, qu'est-ce qu'on peut en savoir? Non, rien à faire, pas celle-là.

On ne se méfiait pas assez du sulfate de suivre et des pesticides. Il faut à présent regarder nos conserves de travers. C'est le mildiou de la "psychose" qui se pose sur les cellules nerveuses de notre imagination !

 

J'ai la lâcheté avouée de ne vouloir en aucun cas abattre un canard moi-même et de n'influer personne. Il est tentant dans sa boîte de métal pour tenir durant plusieurs jours de confinement. Et puis on n'a pas sa photo, il est abstrait, ce canard. Pas comme ces pauvres gallinacés la tête coincée sous cellophane. Allons-y, je n'ai pas pris le contenant le plus suspect (et ne m'étais pas posé la question avant sur la composition exacte d'une boîte de conserve en vente).

Ah mais...  on en devient idiot.

 

Bouf il me manque un peu moins d'1/4 de liste. L'oignon l'ail, le brocolis, les carottes.

Glacée, fatiguée sous un beau soleil.

Je ne vais quand même pas me désinfecter de la tête au pieds.

La javel sous les chaussures, les clés et le téléphone désinfectées , les mains lavées jusqu'aux poignets, c'est déjà pas mal. Je pourrais presque opérer.

 

 

Plus de produit réfrigéré. je laisse tout 4 heures dans la voiture

Mais pour le carton combien d'heures 3, 4 ? tête affollement .jpg (non c'est pas moi!)

Certains disent 24 h ??? QUOI ?

Riiiiiiiii !!!! Je vais craquer ! On va tous craquer. Au secours ! Grrrgl. L'hyper-information ne nous en apprend pas plus depuis quelques jours. On coule sous ses marées. Puis on relève la tête.

 

Je lave les fruits. Pour les légumes, j'ai pris des asperges, avant qu'on ne nous parle des dangers de l'appertisation (prochain chapitre des fléaux ?).

 

Le plastique : celle peste de virus couronné ne glisse pas sur le plastique

vrai faux info intox "fake news" , ?l

 

Tomber malade et être éventuellement intubé merci bien, mais être porteur et soi-même une bombe à retardement qui infecte et risque tuer, c'est pire.

 

On ne peut pas mettre de désinfectant partout. La cervelle hystérique, j'arrose d'eau bouillante mes assiettes, mes couverts, mon verre à chaque repas et les laisse un moment fumantes, avant de la mettre dans le lave-vaisselle à côté des autres. Tout ça au cas où, en sortant faire des courses (munie d'une dérogation justifiant mon déplacement), j'aurais chopé cet immondice viral.

Dans la névrose, je suis assurément passée un cran au-dessus ! Pas de thérapie. Quand je sortirai, si je figure parmi les heureux élus (je me permets d'y croire), peut-être des séances de relaxation à vie, pourquoi pas ?!

 

 

Les nouvelles :

les autorités chinoises, le "tact effacé" (Criant tu parles  !) de leurs chiffres, leur manipulation des dates, les malades exportés, importés dernièrement (?)

Que croire.

 

 

Des personnes ayant été en relation avec moi récemment, m'ont dit « c'est bien, t'es cool » Corine ! »

??? Moi cool, là, maintenant ? Cool ? Innocent Je n'ai pourtant pas fait semblant. J'ai donc une terreur discrète ! Et bien tant mieux, mais si on s'en tient à ça, ça n'aide pas !

Moi aussi j'ai cru quelque temps aux petits pourcentages de la "grippe" et j'ai été égoïstement rassurée jusqu'à début mars. J'aime toujours autant rire, mais regarder l'Italie est ce qui m'effraie le plus. Il y a la sympathie que m'évoque ce pays, mais c'est également un révélateur. Et tout autant, c'est vrai, ces dates qui n'en finissent pas de reculer. Il est tout à fait préférable de rester clairement confinés plutôt que de sortir pour en revenir au même point. Mon Dieu, comme nous serons heureux quand cela sera fini. On aura certainement du mal y croire vraiment par habitude acquise de cette prudence et de ces peurs en flèches.

Mais qu'ils ne nous parlent pas de lointaines perspectives (qui dépassent de loin ce qui est ratifié). Si dissimuler peut-être un crime, le silence sur ce que l'on sait pas vaut mieux qu'une alarme hurlante. Nous ne pouvons faire mieux que de respecter les consignes. 

 

On tient par l'espoir, nous ne sommes pas les infortunés de 1918 (les pauvres). La science est là. Nous sommes tous dans l'expérience d'un combat au jour le jour. Les réticents le payent cher, les innocents le payent cher. Même les héros (c'est le vrai mot) payent. La course mondialement simultanée des chercheurs, des instituts, des labos, des egos nous sera bénéfique.

 

Ne serait-ce que dans la protection - car c'était une guerre sans armure qui nous a pris de court - si on ignorait ce pourquoi était adoptée l'expression "un casse-tête chinois", maintenant on sait. 

 

                                            Corine

 

 


05/04/2020
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Le bon coeur des enfants !

 

Ah, le coeur des enfants.

Nous gardons en nous plusieurs âges. J'aime notamment les joyeuses bêtises de l'enfance - dont les miennes, la logique simpliste que l'on perd avec nos aboutissements honorables d'adultes.

Ce qui suit n'est pas ce dont je suis le plus fière, mais j'en ris depuis longtemps.

 

 

 

 

Tout ce que je voyais, moi, c'est que ma grand-mère maternelle Jeannette se désolait toujours de la perte de son mari Edouard et que ce soir-là, elle conduisait, toujours éplorée devant moi. Pas moyen de me souvenir de ce grand-père, mais elle le regrettait de toutes ses larmes. Il fallait les sécher et j'étais une très gentille petite fille. Beaucoup le disait et moi aussi, c'est ce que je pensais, je voulais le bien des gens, des gentils et de ceux qui pleuraient. A mon avis tout neuf d'alors, c'était les mêmes.

Il fallait fabriquer un autre futur pour ma Mamie aux yeux cernés.

A l'arrière de l'auto, cherchant une solution, en charmante bambine, je la trouvai : « oh après tout, ma grand-mère Ninie est toujours malade, alors un jour, elle mourra et tu pourras épouser Papy Fernand ».

Les enfants ne sont pas étrangers à la rancoeur. Toute brave que j'étais, je n'aimais pas que l'on me fasse mal ; qu'un membre proche de la famille dont on attendait un rôle protecteur ne m'aime pas en faisait partie. Or ma coquette grand-mère maternelle Ninie m'avait, alors que j'étais à peine en âge de comprendre, entre autres amabilités, jeté à la figure : « toi je ne t'aime pas, je n'aime que ton frère » (quel manque de goût !InnocentRigolant)

J'ignorai ce que « malade des nerfs », explication que l'on donnait très vite aux emportements de Ninie signifiait, mais cela semblait la couvrir de la sorte des balles d'une possible querelle. Sauf avec moi qui lui tenais tête (tant qu'à faire, autant ne pas être aimée pour quelque chose). Je retenais que malade si souvent, bien que mignonne et ayant plutôt bonne mine, elle s'en irait sûrement au même pays qu'Edouard disparu quant à lui soudainement, sans y penser lui-même, ni avertir personne, du coup.

Très souvent, j'entendais Nine dire au téléphone, ou aux côtés de ma mère : « je broie du noir ». Donc tout ça, c'était sa faute, c'est qu'elle broyait beaucoup trop, ça avait dû la fatiguer. « Il faut savoir s'arrêter, Mamie ! » pensais-je sans le dire. Elle nous avait jamais demander de broyer avec elle non plus. On aurait pu l'aider. Si c'était pour s'en plaindre après, aussi... Il faut savoir ce qu'on veut.

Des nerfs, ou de quoi, ou qu'est-ce, elle s'en irait donc voler dans les nuages au lieu de broyer pour rien. Son époux Fernand pleurerait quelque temps, mais c'était un sage et, argument réconfortant, lui m'aimait et moi aussi, mon cher grand-père, mon premier ami et confident, si gentil. Il serait consolé.

Et kirikiki, tout le monde serait content et ma grand-mère Ninie calmerait sa tension qu'elle avait pour de rien auprès de Papy Edouard à qui elle raconterait où en était la famille parce que d'en haut, on ne voit pas toujours bien. Ils s'enverraient des nuages comme des polochons, pour rire parce qu'elle réapprendrait à savoir jouer. Elle planerait enfin.

Fernand, quand elle était auprès de lui, de nous, faisait tout pour elle, mais c'est la terre qui devait lui peser. Ca ne lui convenait pas, c'est pour ça qu'elle n'était pas contente. Une question d'altitude.

Plus de souci.

 

 

 

Toujours est-il que dans l'état actuel de la morosité s'installant sans gêne dans la voiture de Jeannette, l'issue du problème, je l'avais. Son malheur aux yeux battus ne serait pas éternel.

2 veufs, homme et femme, 2 grands-parents libres sur terre. Ainsi que des oiseaux, on assemblerait Fernand et Jeannette, sans cage, sans barreaux, mais sans balançoire (on peut pas tout avoir). Et voilà, tout était déjà réglé. Une question de temps (un enfant, le front honnêtement lisse de son innocence, peut être immoral).

 

Et moi j'enlèverais ma coquille d'oeuf du sommet de mon crâne devant mon frère ébahi. Je prendrais des formes court, long, carré et je longerais les murs jusqu'au plafond avec Mme Peel, avant d'aller courir sur les rives avec Andrea Balestri et mon meilleur ami Didier de la vraie vie. Dans un monde, parfait, on rentre dans les programmes qu'on veut. Il faudrait juste faire attention à ce que Didier, toujours curieux, n'aille pas faire encore plus de bêtises que moi, ce qui n'était pas impossible. Qu'on aille pas faire imploser la télé et nous avec. 

 


Je revins sur terre et en conscience sur mon coussin de voiture. Nous roulions. (…) et tu pourras épouser Papy ». On en était là.

J'étais assez satisfaite, c'était juste qu'elle n'y avait pas pensé, à se remarier.

Une seconde ou deux passa. Une réponse d'adulte qui ne sort pas de la bouche tout de suite, c'est mauvais signe. Ca fait peur. Qu'est-ce j'ai dit ? Elle est vexée ? Il est beau mon grand-père !

Mais grand-mère Jeannette eut un rire un peu jaune et elle me dit le fort décevant pour une enfant qui déploie tant d'efforts pour aider : « ça ne se passe pas tout à fait comme ça »

Les adultes, c'est compliqué.

Je n'y pensais plus.

 

Je ne savais pas moi, qu'il y a des gens qui ne se rencontrent pas et en savais encore moins sur les préjugés sociaux.

Ma grand-mère Jeannette avait travaillé comme arpète et beaucoup « bourlingué » (terme qu'elle employait souvent). Douée et très appréciée comme couturière, elle avait abandonné son métier, cédant à la demande de son mari fort persuasif pour l'aider dans son entreprise où leurs volontés jointes, ils firent du beau travail, assez fusionnels, je suppose.

Mon grand-père Fernand était un diplômé d'une nature tranquille, se rendant néanmoins sur des terrains où un jour, il perdit la santé. Longtemps arrêté, il repris le travail jusqu'à sa retraite. Même s'il n'avait aucun compte à rendre, je crois qu'elle oubliait qu'il était le seul lettré d'une famille de 12 ou 13 enfants (dont la majorité morts en bas âge) et aucunement né avec une cuillère d'argent dans la bouche (et où aurait été le mal ? ). Sa mère ne savait d'ailleurs pas lire.

Ma grand-mère se considérait comme laborieuse, travailla tard auprès de son fils, aménageant ses horaires comme elle le souhaitait.

Mon grand-père à la retraite, lisait, ce dont il aurait pu se contenter, mais il passait aussi l'aspirateur, faisait des gratins de pâtes, des biscuits et d'excellents gâteaux, arrosait les fleurs, s'occupait de sa petite-fille, faisait la soupe pour sa fille et sa famille chaque soir (avant de rentrer chez lui) et servait le petit-déjeuner à son épouse Ninie. Un Papy-poule qui n'avait peur de rien pour lui, mais s'inquiétait pour les siens.

Le coup des nouveaux tourtereaux ne pouvait rester qu'une fiction germant un soir en urgence dans ma petite tête de piaf !

Bien d'autres faits et valeurs les auraient séparés, mais ça, qu'en savais-je ?

 

 

Pardon Mamie Ninie, pardon Papy !Clin d'œil

Le courant entre ma grand-mère Ninie et moi mis des années à passer, disjoncta fréquemment, mais ne coupa plus. Elle vécut environ 25 années supplémentaires. Elle avait bon cœur.

Ma grand-mère Jeannette resta veuve et paranoïaque une bonne dizaine d'années après la scène de la voiture avant de suivre son cher Edouard. Je crois qu'elle ne connut vraiment que lui. Après s'être rendue malheureuse pourtant entourée, elle rendit l'âme sans nous avoir compris, le jour de la naissance de son premier petit-fils. La seule chance est qu'elle n'eut pas le temps de le savoir.

Pour terminer plus gaiement, Ninie mis des années, mais broya moins fréquemment. Elle préféra mettre du noir dans son café à cotés des biscottes. Elle s'éteint avant de rejoindre Fernand qui l'attendait patiemment, comme d'habitude, depuis 18 ans.

Je crois qu'il faut voir regarder ceux qui existent, c'est ce qui avait dû faire défaut chez Jeannette.

 

Les barrières n'existent plus. Ils nous regardent tous du haut de leur sérénité.

 

                                                                      Corine

 

 

 


02/04/2020
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Le pire et le meilleur, sous cloche

Il y a des gens que la situation inspire, moi pas du tout. Je suis au point mort au niveau humour.

 

Et dire qu'il y a quelques semaines, en brave occidentale égoïste, je disais : « profitons à fond du printemps, ce sera le meilleur moment. Après, sûrement la canicule » (période désespérante où l'on ramollit !).

Pas la peine de chercher à me reconvertir en extralucide, je serais recalée. 

 

 

Imaginons que le rythme change, que notre récupération ne nous fera pas courir le risque de rattraper ce temps "perdu", tous moteurs en colonies, les pieds sur les éperonsIncertain (c'est une autre image), pour rattraper la course. Quand je dis "nous", il s'agit bien sûr de nos leaders, des industries, des partenaires, des lobbies... 

 

 

Un point positif auquel on pensait déjà (quoique pas forcément si rapide) : la couche d'ozone recoud la doublure de sa robe, tandis que nous sommes sous cloche.

C'est une belle nouvelle. Essayons d'anticiper le Bonheur en pensée.

 

 

Prenez bien soin de vous.

 

                                                             Corine


24/03/2020
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